Madame Michelle Courchesne, Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, 1035, rue De La Chevrotière, G1R 5A5, Montréal (Québec)
Ministre Monsieur Claude Corbo, Recteur, Rectorat UQAM , 28e étage CP 8888, succursale Centre-Ville Québec (Québec) H3C 3P8, Montréal, le 24 mars 2009
Montréal, le 30 mars 2009
Objet : Position en temps de grève (bis)
Madame la Ministre,
Monsieur le Recteur,
À deux jours de son quarantième anniversaire, qui aurait pu et dû être l’occasion de réjouissances publiques, l’UQAM demeure paralysée par une grève. Devant l’impassibilité de l’administration de l’Université et celle du Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, l’Association étudiante du Doctorat en sémiologie de l’UQAM réitère, plus fortement, sa position au sujet de ce fiasco.
Le Syndicat des Professeurs de l’UQAM entame sa troisième semaine consécutive de grève. Notre association étudiante appuie plus que jamais ses revendications. Suite au refus, le 20 mars, de l’offre dérisoire proposée par le ministère via l’administration, voilà qu’une semaine plus tard, le SPUQ vote, à 91 %, la reconduction de la grève. Les décisions prises par le ministère et imposées à l’administration ne coïncident plus avec la réalité. L’arrogance des dirigeants dans ce dossier – pensons notamment à l’injonction outrageante imposée au SPUQ le 25 mars – nous fait croire que la situation commence à vous échapper.
Cette grève, la goutte qui a fait déborder le vase relativement aux nombreux problèmes de l’UQAM, sévit depuis trop longtemps. Les étudiants de cette Université publique sont pénalisés et le trimestre entier semble carrément hypothéqué. En effet, de plus en plus d’étudiants perdent l’espoir de retourner en classe avant l’été. Des dépôts et des soutenances de thèse, moments décisifs dans le parcours universitaire des doctorants, sont repoussés indéfiniment. À deux mois de la fameuse saison des colloques, voilà qu’une des plus prestigieuses Universités du Québec doit renoncer à la recherche, faute de votre soutien.
Depuis ses débuts, notre Université publique a pour mission de rendre plus accessibles les études supérieures au Québec. En refusant de régler convenablement ce litige, vous vous attaquez directement à l’éducation ainsi qu’à des valeurs démocratiques plus larges, valeurs que nous n’avons pas oubliées. En commandant ad nauseam de nouvelles consultations et études comparatives – qui, par ailleurs, donnent systématiquement raison au syndicat de nos professeurs –, vous nuisez à notre éducation. Si ces consultations vous permettent de gagner du temps, elles sont certainement en train de nous faire perdre le nôtre.
Vous devriez lutter inlassablement à nos côtés, pour les professeurs, avec les étudiants et autres syndicats. Nous devrions toujours pouvoir compter sur votre appui et votre bonne volonté. Votre mission est de bâtir une nation québécoise concurrentielle pour demain; appuyez-la donc totalement aujourd’hui. Idéalement, notre institution publique devrait être un des fleurons du Québec. Elle devrait être un modèle à suivre. Normalement, la résolution rapide et généreuse de ce litige devrait être une de vos plus grandes priorités.
Malheureusement, l’administration de l’UQAM n’a plus de poids réel dans les décisions. Elle se retrouve pieds et poings liés par un ministère qui n’assume pas, de toute évidence, son rôle de promoteur de l’éducation. Ceci, Madame la Ministre, vous concerne tout particulièrement. Quelle sera la prochaine université à tomber sous le couperet? L’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue? Celle en Outaouais? Le réseau universitaire public tout entier? Madame la Ministre, vous êtes mandatée par la société pour soutenir et promouvoir l’éducation de vos concitoyennes et concitoyens. Montrez-vous à la hauteur de votre important mandat. Aidez-nous à retourner à nos cours et nos recherches; permettez à notre institution de rayonner comme il se doit.
En vous assurant nos plus sincères sentiments en ce qui concerne ce dossier, nous vous adressons, Madame la Ministre, Monsieur le Recteur, nos salutations distinguées.
L’association étudiante du doctorat en sémiologie de l’UQAM.
Valérie Bernier, présidente.
Jonathan Hope, secrétaire.
Julien Fortin, trésorier.
Julie St-Pierre, affaires internes.
Paule Mackrous, affaires externes.
Association étudiante du doctorat en sémiologie
Département d’études littéraires UQAM
CP 8888, succursale Centre-ville
Montréal (Québec) H3C 3P8
c. c. Madame Marie Malavoy, porte-parole de l’opposition officielle en matière
d’enseignement supérieur, recherche et développement.
c. c. Journal La Presse.
c. c. www.ruefrontenac.com, Syndicat des Travailleurs de l’Information du Journal
de Montréal.
c. c. Journal Le Devoir.