Madame Michelle Courchesne, Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, 1035, rue De La Chevrotière, G1R 5A5, Montréal (Québec)
Ministre Monsieur Claude Corbo, Recteur, Rectorat UQAM , 28e étage CP 8888, succursale Centre-Ville Québec (Québec) H3C 3P8, Montréal, le 24 mars 2009
Madame la Ministre,
Monsieur le Recteur,
Les semaines se suivent et, à notre grand désespoir, se ressemblent. La grève du SPUQ se poursuit dans ce qui paraît être une indifférence ministérielle la plus totale. Mais l’Association étudiante du Doctorat en sémiologie de l’UQAM a confiance que la raison peut persuader même les plus récalcitrants. Pour cette raison, elle revient à la charge pour appuyer sans réserve ses professeurs et dénoncer ce krach éducationnel.
Tout indique que le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport empêche l’administration de l’UQAM d’entreprendre des démarches sensées et de proposer des offres intelligentes auprès de ses professeurs. En résulte que le Syndicat des Professeurs de l’UQAM, sans convention collective depuis près de deux ans, termine son premier mois de grève. Un quart du trimestre de l’hiver 2009 a donc été amputé. À juger de la médiocrité des performances passées du Ministère, rien n’augure qu’il trouvera cette semaine une solution appropriée à cette catastrophe. Donnez-nous tort.
Le mutisme du Ministère traduit une intention de destruction orchestrée d’une des plus importantes institutions sociales du Québec. Il fait fi du progrès scientifique, socio-économique, culturel et écologique qu’engendre le savoir universitaire. Il ignore avec arrogance les demandes fondamentales des professeurs de l’UQAM. Comme si ce n’était pas assez, il se désintéresse complètement de la volonté étudiante de mieux connaître le monde pour l’améliorer. En pleine tempête économique, ce gouvernement décide de ne pas subventionner l’éducation, qui pourtant devra jouer un rôle essentiel dans le Québec de demain. Nous savons que le décrochage scolaire a atteint des sommets épouvantables depuis que le Parti Libéral est au pouvoir. Et voilà que ce gouvernement y va de plus belle en faisant preuve d’une condescendance lâche envers l’éducation supérieure publique, relançant à la population son malheureux message que l’éducation est une affaire négligeable. Le gouvernement de Monsieur Charest joue avec notre éducation, hypothèque l’avenir du Québec, bafoue les droits de ses concitoyennes et concitoyens et encourage la pauvreté intellectuelle en faisant le pari, perdant soyez-en sûr, de l’ignorance. Les performances du gouvernement de Monsieur Charest en matière d’éducation sont nulles d’un bout à l’autre du spectre.
Certains d’entre nous sont boursiers du FQRSC ou du CRSH. Ces deux organismes de pointe dans l’éducation ont jugé que nos habiletés et nos projets méritaient un financement national. Mais l’inaction du Ministère face à la situation désastreuse qui sévit à l’UQAM fait que les conditions de bonne utilisation de ces bourses ne sont pas réunies. L’utilisation de ces bourses doit être supervisée par nos professeurs, mais depuis un mois les projets qu’elles sont censées subventionner sont à la dérive. Le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport est directement responsable du fait que l’équivalent d’un mois de bourses provinciales et fédérales attribuées aux étudiants de l’UQAM vient de partir en fumée. En raison de cette grève, que le Ministère ne semble pas prendre au sérieux, les étudiants du programme doctoral en sémiologie se demandent sérieusement si le gouvernement actuel à une quelconque idée de l’importance de la recherche menée à l’Université. Si ce gouvernement doute de la pertinence de l’éducation supérieure, qu’il se tourne vers le Parti Québécois, Québec Solidaire et le Bloc Québécois qui ont tous appuyé les demandes de la communauté uqamienne pour un réinvestissement massif dans l’institution.
Si les associations étudiantes se mobilisent en masse et se rallient à leurs professeurs, c’est que la convention collective réclamée par le SPUQ les touche directement. D’une part, la convention assurera la stabilité de l’Université et de l’enseignement qui y est offert. D’autre part, elle rassurera les étudiants en leur envoyant un message clair que leur Université est reconnue comme une institution importante dans le paysage de l’éducation au Québec. Montrez-nous que la confiance que nous avons dans notre Université et nos professeurs est justifiée et que vous partagez nos valeurs en matière d’éducation. Réglez ce litige rapidement et de manière généreuse, non seulement pour que cette grève prenne fin, mais surtout pour éviter que d’autres ne se produisent à l’avenir. Le système d’éducation publique du Québec doit être renouvelé. Financez-le avec fierté, il vous appartient.
En espérant que ces priorités deviendront les vôtres, recevez, Madame la Ministre, Monsieur le Recteur, nos salutations distinguées.
L’association étudiante du doctorat en sémiologie de l’UQAM.
Valérie Bernier, présidente.
Jonathan Hope, secrétaire.
Julien Fortin, trésorier.
Julie St-Pierre, affaires internes.
Paule Mackrous, affaires externes.
Association étudiante du doctorat en sémiologie
Département d’études littéraires UQAM
CP 8888, succursale Centre-ville
Montréal (Québec) H3C 3P8
c. c. Madame Marie Malavoy, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’enseignement supérieur, recherche et développement.
c. c. Monsieur Amir Khadir, porte-parole de Québec Solidaire.
c. c. Monsieur Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois.
c. c. Journal La Presse; www.ruefrontenac.com; Journal Le Devoir.